Septembre 2017


Légende : « Déchirure », grès noir, plaque et sculptée dans la masse, 40 x 15 cm. Sculpture de Norbert Botella. Photo Joël Bardeau
Légende : « Déchirure », grès noir, plaque et sculptée dans la masse, 40 x 15 cm. Sculpture de Norbert Botella. Photo Joël Bardeau

Norbert Botella



Je m’inspire de la dualité : une terre à la fois protectrice et volcanique, solide comme l’écorce du monde et sujette aux mouvements de matière. Noire et lumineuse.  Douce et accidentée. 

 

Je sculpte sur des volumes pleins, ronds ou carrés : des formes simples, géométriques importées d’un chaos imaginaire. Mais j’ai besoin d’aller voir à l’intérieur, d’approfondir chaque parcelle de terre. Je travaille dans la masse en creusant comme l’érosion que fait l’eau sur la roche, ou en scarifiant comme les africains avec l’ébène. Je sgraffite la terre, puis en polis la surface pour créer un contraste entre les espaces. Je commence par dessiner sur le bloc, à la pointe, de manière rapide et instinctive, puis comme pour expier une faute, je deviens un exécutant patient et obstiné : je suis le tracé des heures durant. C’est le moment de la réflexion, du plaisir de modeler, de la sensualité de la terre, de la création. Avec le temps et beaucoup de patience, les failles se révèlent. 

 

Toutes mes pièces sont étudiées, réfléchies, calculées, visualisées, dessinées, avant d’être réalisées. J’évite l’émaillage qui cacherait la terre dans son simple état et la beauté de ses nuances. 

 

Mouvements naturels de la terre ou déchirures telluriques, je veux interroger le regard, mettre en évidence les reliefs et les formes, les reflets et les ombres, traiter la lumière par le noir profond pour donner à voir des volumes nouveaux. J’aimerais que mes sculptures puissent être prises pour des morceaux de roches retrouvées après une fouille dans un magma de laves refroidies, travaillées par le fracas de l’explosion et la douceur du temps. Je cherche à montrer à travers mon travail combien cette matière est vivante, énergique, inspiratrice de puissantes émotions.   

   Légende : « Les lieux de désert de l'âme - l'attente » Grès cuisson bois haute température. Personnages taille humaine H : 135 cm L : 3 m. Sculpture Laure Gaudebert.
  Légende : « Les lieux de désert de l'âme - l'attente » Grès cuisson bois haute température. Personnages taille humaine H : 135 cm L : 3 m. Sculpture Laure Gaudebert.

Laure Gaudebert



Mon œuvre est principalement modelée en terre et cuite ensuite à hautetempérature. C'est une sculpture narrative qui donne la part belle à la figuration humaine. La rencontre avec l'autre dans son humanité est au centre de mes interrogations et de ma création. Je travaille le corps, la justesse des attitudes, le mouvement. 

 

J'aime voyager sur terre et travailler la terre. J'ai eu cette opportunité lors de résidences d'artistes en Grèce et au Sénégal et d'autres voyages : en Australie, Mali, Égypte qui m'ont permis de partager la vie de communautés humaines autour du travail de la terre et de la sculpture. 

 

Certaines œuvres sont grandeur nature comme les personnages assis de la série : « Les lieux de déserts de l'âme ». Elle comporte 6 sièges où sont assis 5 personnages. C'est un moment d'attente, de pause, d'abandon au cours du voyage (voyage dans la vie ou répétition morose d'un trajet quotidien). Les corps sont relâchés, l'esprit absent. On y ressent aussi de la solitude : les gens sont isolés malgré leur promiscuité physique. Elle parle de notre temps social, des temps dit « morts » qui font aussi partie de notre quotidien et nous ressourcent peut-être. Les « regardeurs » presque toujours, entrent dans la sculpture pour une photographie. Le siège libre les y invite. D'autres sculptures foisonnent de personnages : « Le repos des faucheurs », « scène de rue au Sénégal »… 

 



Légende : détail plaque céramique, techniques mixtes d'enfumage. 42 x 42 cm. Sylvie Gravellard
Légende : détail plaque céramique, techniques mixtes d'enfumage. 42 x 42 cm. Sylvie Gravellard

Sylvie Gravellard



 

 En tout premier lieu il y a la matière, l'argile. Son  contact qui m'apporte l'énergie. Et puis c'est la traversée : convoquer l'air et l'eau et entrer en mouvement, accompagner les transformatio ns, structurer la masse, les volumes, revisiter sans cesse la surface, la peau. Puis donner du temps. Abandonner l'eau à l'air et confier la terre au feu en restant au plus proche jusqu'à restituer la matière sous une autre forme, dans la tentative d'ouvrir une brèche, établir un dialogue, partager un espace. » Après un parcours de graphiste, j’ai rencontré l’argile, le Raku en 1995, puis diverses techniques de cuissons rapides que j'associe et décline dans de multiples variations. Je crée des « objets » uniques qui ont évolué dans leur forme et dans leur texture, au rythme de la pratique, des découvertes et des rencontres. Depuis plusieurs années, je travaille sur la forme et le mouvement, le poids visuel et la respiration de la matière, sa peau et l’influence de la lumière sur la perception de la forme. Mon travail se nourrit d’une pratique corporelle et d’une recherche autour du vivant et de son évolution, de rencontres autour du livre d’artiste et de l’écriture, d’échanges et de transmission par des ateliers de pratique artistique. Il se matérialise actuellement par des volumes ouverts ou fermés, des plaques graphiques et des livres d’artiste. 

Légende : « L’anamour », technique mixte sur bois 26 x 16 cm. Didier L.Estrabaut
Légende : « L’anamour », technique mixte sur bois 26 x 16 cm. Didier L.Estrabaut

Didier L.Estrabaut



 

 Chercher à répertorier mes œuvres est une tâche quasi impossible... Tout s'enchaine dans le temps, sans ordre apparent. Aucune chronologie n'est vraiment envisageable ! Je revendique cette liberté dans l'expression en cultivant le mélange des genres. Rien ne permet de définir une logique d'ensemble, sinon le droit à un "zapping" permanent, un droit à la discontinuité. Aucune prétention de planter un nouvel "ordre esthétique" de ma part, mais plutôt d'interroger les langages picturaux passés et présents ainsi que leurs limites. 

 

Les œuvres présentées sont extraites de la série « dites-le avec des fleurs » débutée en 2013. Au-delà de la plate évidence de ce thème, cette série se propose de révéler, derrière un même motif, un éventail de démarches picturales. Le caractère éphémère et somptueux de la floraison appelle naturellement la métaphore : du bouton à la flétrissure elle mime le cycle de la vie. Le motif de la fleur est justement intéressant pour cela, pour cette ambivalence qui le fait osciller d'un extrême à l'autre. Elle peut être attirante et répulsive à la fois.  Cette série tente ainsi d'amener le public, à travers cette figure “convenue”, colorée et jubilatoire, à naviguer dans les eaux troubles des sentiments humains. Dans la douceur ou la violence des relations, dans l'affect ou les méandres du sentiment amoureux. 



   Légende : « Éphémères », acrylique, encre et collages sur toile. 100 x 100 cm. Françoise Laporte.
  Légende : « Éphémères », acrylique, encre et collages sur toile. 100 x 100 cm. Françoise Laporte.

Françoise Laporte



Dans un univers de créatures et de bestioles, d'ombres et de lumière, je cherche à capter la poésie qui habite chaque chose et chaque instant. 

 

Sur le pont du Lot à Cahors, comme une tempête de neige, un soir d'été de 1980, Une manne volante, m'est apparue : les éphémères, dans une course éperdue pour la vie, pour la pérennité de l'espèce. Et de cette vision, je parle aujourd'hui de nous, de la relativité du temps, d'équilibre et de chaos, de fragilité, de la nature, de la beauté, de la poésie. 

 

...Et je me promets d'essayer de traverser avec légèreté, le temps qui m'est imparti. 

 

Légende : « L’usine » sérigraphie sur papier, 21 x 29,7 cm. Hanneke Tas-Crommentuyn
Légende : « L’usine » sérigraphie sur papier, 21 x 29,7 cm. Hanneke Tas-Crommentuyn

Hanneke Tas-Crommentuyn



Construire pour vivre 

 

Sérigraphe et peintre, j’ai enseigné le design textile et étudié à la “Vrije Academie” de La Haye aux Pays-Bas où je suis née en 1947. 

 

J’ai commencé à créer des textiles artistiques, avant de faire de la sérigraphie sur textile. Pendant de nombreuses années, j’utilisais le carton et le coton pour la sérigraphie sur linge, qui est ma spécialité. Aujourd’hui, j’emploie le bois et le papier. Mes séries se limitent à des tirages de 1 à 8 exemplaires, qui sont chacun une création unique et différente. 

 

Mon travail est une recherche constante. Le sentiment d’où je pars au commencement est assez inaccessible, mais progressivement, couche après couche, l’image devient claire. Les lignes et les surfaces sont mes éléments de construction, le fond mes fondations. Lentement, mais sûrement, dans les sérigraphies apparaît une propre vision nouvelle du monde. 

 

C’est une recherche de l’harmonie, de l’équilibre et de la signification du monde que je représente et c’est comme trouver la signification du monde réel. 

 

L’histoire des bâtiments historiques, religieux et industriels est ma source d’ínspiration. J’aime le travail artisanal et la sérigraphie me permet de vivre cette passion. 


Espace Points de Vue

6 rue de la Barbacane

82110 LAUZERTE

tel. +33(0)5 63 32 25 59

animations@lauzerte.fr

du 6 avril au 31 octobre 2018

Ouvert tous les jours

10h30-13h00 & 15h00-18h00

jusqu'à 19h00 juillet & août


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